Fiche de lecture « Résilience et relations humaines »

Résilience et relations humaines

Descriptif :

Parallèlement à la recherche des qualités « cachées » dans la dynamique de la résilience : lucidité, courage, optimisme, créativité, humour, imaginaire, ce livre s’intéresse à tout ce qui se joue de résilient dans les relations interpersonnelles, que ce soit dans des espaces clos (couple, famille, institution, entreprise) ou dans l’environnement social (société, cultures). Quant aux facteurs culturels, le défi pour la psychiatrie sociale est de les prendre tous en compte ; en situant la complémentarité d’une ethnopsychiatrie qui surligne les différences, et une ethnopsychiatrie humaniste qui souligne l’universalité de certains ressorts de l’âme humaine. L’originalité de cet ouvrage est de mettre en lumière les souffrances, intrapsychiques ou propres à la relation interpersonnelle ou au groupe, afin de les surmonter et de faire de chacun d’entre nous un sujet capable de résilience pour qu’il retrouve son identité et sa place au sein du groupe.

1. Ce que j’ai retenu

Résilier vient du latin resilire, « re » indiquant le mouvement arrière et « salire », sauter, bondir. Ce sens juridique survit dans les termes de physique, rélisent, ente (1932) et résilience (1906), très probablement antérieurs au mot anglais resilient (1674), rejaillissant, rebondissant, spécialement qui a une résistance aux chocs élevés

2. Les extraits de mes notes

S’il est un être nonobstant, c’est par ce qu’il a, comme les alchimistes, transfiguré le plomb de sa souffrance en or sublimé dans une œuvre – œuvre d’art en l’occurrence

Face à l’adversité, le sens de l’humour facilite l’introspection positive et le recours à des ressources créatives et égayantes

En provoquant des émotions positives (rire, sourire, contentement), l’humour crée un climat de décontraction dans lequel le plaisir, le jeu et le divertissement sont possibles, ce qui facilite les interactions sociales

La résilience familiale se mesure à l’état de santé des enfants

Le thérapeute ne se positionne pas alors dans un rapport d’extériorité et d’expertise par rapport à la famille. Il se propose comme une base de sécurité suppléante et provisoire. Il se constitue comme une ressource externe susceptible d’alimenter les ressources internes de la famille. Cela nécessite un engagement, une attitude pro-active du thérapeute. Ainsi, à partir de l’écoute de ses résonances émotionnelles personnelles suscitées par les souffrances des autres, le thérapeute aide au développement ou au rétablissement des quatre conditions nécessaires à une suffisante familiale :

  1. La communication claire et ouverte, constituée par un contenu informatif cohérent et bien compréhensif par chacun
  2. L’expression libre de ses sentiments sans qu’on se sente dans la famille empêché de dire, ou intrusé, envahi par les exigences des autres
  3. La collaboration dans la résolution des problèmes notamment quand des suppléances s’avèrent nécessaires
  4. L’équilibre fonctionnel entre une suffisante fermeture capable de préserver l’intimité familiale et le sentiment d’appartenance, et une suffisante ouverture capable de restaurer ou de maintenir une vie sociale, capable aussi de conduire à des aides extérieures s’il en est besoin

La protection fermée enclot la souffrance et empêche tout travail d’élaboration. Autrui n’est pas perçu comme un soutien possible

Dans les familles où dominent l’anxiété et l’ambivalence on entretient des relations de grande proximité. On est exagérément protecteur. Mais en même temps on subit la contagion émotionnelle, on est envahi par les émotions des autres. La régulation des émotions est alors difficile. Les stratèges de coping centrées sur soi  se font au détriment des capacités empathiques. Les mécanismes de défenses dominées par le déni, le clivage, la dissociation bloquent le travail psychique

Le trauma suscite des mécanismes de défense dont le plus souvent : la haine. A force de vouloir se venger, on devient prisonnier du passé. Ce pourquoi il est encore important de travailler cette haine de l’autre

Parmi les solutions : prendre le passé en mains pour en faire quelque chose. L’agression inter-individuelle dans le couple provoque un cycle de violence dont il est souvent difficile de sortir

La fabrication d’un nouveau récit du couple, souvent précurseur d’un nouveau couple à inventer, remplir alors le vide provoqué par la souffrance

Le médiateur familial est un professionnel dont la fonction est d’accompagner des personnes confrontées à une séparation ou à une rupture, afin de les aider à trouver, par elles-mêmes la capacité à réorganiser leur espace familial.

En offrant un espace extérieur, un accompagnement qui tend vers l’impartialité ou la « multipartialité », le médiateur familial va donner  aux personnes le temps de donner un sens à leur séparation, le conflit est d’abordé et non escamoté

La médiation c’est aussi du temps pour panser la blessure, le passage par des phases émotionnelles est nécessaire bien que vécu en décalage pour chacun

Comment peut-on imaginer qu’au lendemain d’une séparation chacun puisse regarder l’autre et se mettre dans « l’intérêt » de l’enfant, utilisée comme un paravent cette notion n’est en réalité poussée en avant que par impossibilité de dire sa souffrance d’adulte, il est plus moral de s’occuper de ses enfants que de sa souffrance, et pourtant…

Pour paraphraser encore une fois Cyrulik, la haine et la vengeance, non seulement ne sont pas des facteurs de résilience, mais en général ils rongent l’âme. Cela ne veut pas dire qu’il fait « aimer » son agresseur comme on le voit parfois dans certaines situations ; cela ne veut pas dire que l’on ne doit pas détester cet agresseur (une personne ou une situation de travail), cela veut tout simplement dire qu’il faut permettre un certain registre à son affectivité. A trop détester, on oublie parfois d’aimer ceux qui nous aiment.

3. Points importants

« La médiation familiale est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié et  sans pouvoir de décision, le médiateur familial, favorise à travers l’organisation d’entretiens confidentiels leur communication, la gestion de leur conflit dans le domaine familial entendu dans sa diversité et dans son évolution »

4. Comment je la pratique

L’objectif de la médiation n’est pas de rechercher les torts réciproques, mais de trouver l’accord le plus acceptable, en renonçant souvent à ses positions initiales qui une fois parlées, échangées, acceptées peuvent permettre par une reconnaissance mutuelle l’émergence d’accords qui prennent en compte les besoins de chacun en sollicitant la responsabilité des personnes.

5. Comment j’ai pu l’intégrer dans ma philosophie de vie

Cette peur de soi est bien pire que le manque de temps : on pense que le problème, c’est l’horloge mais en fait, le vrai problème, c’est le miroir.

Chaque jour (ou du moins quelque fois par année), on devrait se regarder en face sans complaisance, on devrait se poser les questions que les philosophes se posent depuis des siècles. D’où est ce que viens ? Qui suis-je ? Où vais-je ? En général, avec un minimum d’authenticité, on pourra reconstruire son histoire personnelle, se redonner une épaisseur, une multi-dimensionnalité

Conclusion :

« Qu’à force de combattre le dragon, on devient soi-même dragon. »

Nietzsche

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