Fiche de lecture « Que sais-je L’alchimie »

L’alchimie

Descriptif :

L’alchimie ne saurait se résumer à l’art de la transmutation des métaux, cette pseudo-science du Moyen Âge dont le but était la fabrication de l’or. Cet ouvrage nous propose l’histoire d’un art étrange, qui ne doir pas être réduit à une activité de charlatans et d’escrocs, et qui a tenté, pendant des siècles, de réaliser une union des plus paradoxale : celle de la technique et de la mystique.

1. Ce que j’ai retenu

Le but de l’alchimiste, ce n’était pas la recherche de l’or matériel, mais l’épuration de l’âme, les métamorphoses progressives de l’esprit

L’alchimie pratique, application directe de l’alchimie théorique, était la recherche de la Pierre philosophale. Elle revêtait deux aspects principaux, complémentaires : la transmutation des métaux, qui était le Grand Œuvre au sens restreint du terme, et la Médecine universelle. C’étaient là les deux pouvoirs essentiels prêtés à la Pierre

2. Les extraits de mes notes

Les alchimistes se donnaient volontiers le titre de philosophes et, en fait, ils étaient bel et bien des « philosophes » d’un genre particulier, dépositaires de la Science par excellence, contenant les principes de toutes les autres, expliquant la nature, l’origine et la raison d’être de tout ce qui existe, relatant l’origine et la destinée de l’univers entier. Cette doctrine secrète, c’était la mère de toutes les sciences, la plus ancienne de toutes, celle qui étudiait le monde et son histoire et qui, selon la tradition, avait été révélée aux hommes par le dieu Hermès (le Thoth égyptien) ; d’où le nom de philosophie hermétique donnée à cette doctrine. – Mais c’est abusivement que l’on confond cette doctrine et les opérations proprement dites : l’alchimie était, avant tout, une pratique et, en tant que telle, elle était donc l’application de la philosophie hermétique

A. Savoret : « L’Alchimie vraie, l’Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l’homme et dans la nature, et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique, a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : ce qui, dans l’homme moral, s’appelle rédemption ou régénération ; réincrudation dans l’homme physique ; purification et perfection dans la nature ; enfin, dans le règne minéral proprement dit, quintessenciation [le problème de la quintessence consistait à extraire de chaque corps ses propriétés les plus actives] et transmutation. »

Il semble s’être incorporé aussi la tradition hermétique, condensée en un « Livre » symbolique qui n’est autre que le Tarot, nommé également livre de Thoth : ce n’est pas seulement un instrument de divination, mais aussi une sorte d’abrégé concret de la philosophie secrète. Le Tarot comprend soixante-dix-huit « lames » (réparties en vingt-deux lames « majeures » et cinquante-six lames « mineures »). En rangeant dans un ordre déterminé les vingt-deux lames majeures, on obtient toute la cosmogonie hermétique : le Chaos, le Feu créateur, la division de la matière unique primordiale en quatre éléments, etc. On retrouve également la théologie solaire, la connaissance par illumination (symbolisée par la « Papesse »), la sympathie et l’antipathie, le dualisme sexuel, le mal et la chute. Dans ces curieuses figures, dont l’origine est fort mystérieuse, il serait possible de retrouver les grands secrets

Les alchimistes invoquaient aussi, en revanche, un patronage divin, celui d’Hermès Trismégiste, « le trois fois grand », qui passait pour l’inventeur des sciences et des arts. (C’est à ce patronage invoqué d’Hermès que l’alchimie a dû son nom d’art hermétique.) Le dieu égyptien Thoth, que les Grecs assimilèrent à leur Hermès, était scribe des dieux et divinité de la sagesse. Thoth-Hermès, c’était le conservateur et le transmetteur de la tradition, « la représentation même de l’antique sacerdoce égyptien, ou plutôt du principe d’inspiration supra-humain dont celui-ci tenait son autorité et au nom duquel il formulait et communiquait la connaissance initiatique » (R. Guenon). Il faut remarquer aussi que les alchimistes considéraient parfois Hermès comme un personnage humain, un ancien roi, inventeur des sciences et de l’alphabet, le premier savant.

L’alchimie grecque manifeste des tendances diverses, bien que d’inspiration analogue. Elle apparaît comme une vaste synthèse unissant l’art pratique des Égyptiens et la philosophie grecque, les doctrines orientales et le mysticisme alexandrin, d’un prestigieux mélange d’éléments orientaux, grecs, juifs, chrétiens : comme le remarque A. Ouy, l’alchimie était « un peu l’image de la population d’Alexandrie »

Paracelse C’est avant tout un médecin ; mais, pour lui, la médecine n’est séparable ni de l’alchimie, ni de la philosophie, ni même de la religion. Il veut connaître toutes les forces mystérieuses qui agissent dans la nature et dans l’homme… Le centre de la doctrine est la distinction du macrocosme et du microcosme, c’est-à-dire de l’univers et de l’homme, qui forment deux termes parfaitement semblables : l’un reproduit et répète ce qui se passe exactement dans l’autre. La vie de l’être humain est inséparable de celle de l’univers : on y retrouve les trois principes alchimiques (le sel, le soufre, le mercure), qui se présentent sous la forme de l’esprit, de l’âme et du corps lorsqu’il s’agit de l’être humain. Quant à Dieu, « centre et circonférence de toutes choses », il enveloppe toute la Création ; d’ailleurs, tout a émané de Lui par un vaste processus cosmogonique. L’homme est triple : il appartient au monde divin par son âme, au monde visible par son corps, au monde angélique par le fluide vital, 1’« esprit », qui s’interpose entre l’âme et le corps comme une sorte de lien. L’univers est un flux et un reflux perpétuels de Vie, passant par l’homme pour aller de Dieu aux choses, des choses à Dieu. L’âme humaine a en elle toutes les sciences, mais à l’état latent : connaître, c’est se reconnaître soi-même, retrouver en soi la Science, par le recueillement de l’âme qui se considère à la clarté de l’illumination divine, et, dit Paracelse, « celui qui se connaît, connaît implicitement Dieu »…

Tous ces auteurs rêvent d’une synthèse universelle qui, combinant l’intuition et l’observation, les méthodes a priori et l’expérimentation, permettrait d’entrer en contact intime avec la Réalité qui sous-tend les phénomènes

Tout passe et change dans le monde, est soumis à un perpétuel devenir, mais rien ne meurt, rien ne disparaît : Ouroboros, c’est le symbole de l’évolution qui renaît sans cesse de sa propre destruction, en un mouvement sans fin. « Tout ce qui porte le caractère de l’être ou de la substance, écrit d’Espagnet dans son Enchiridion physicae restitutae, ne peut plus le quitter et, par les lois de la nature, il ne lui est pas permis de passer au non-être. »

Visita Interiora Terrae Rectificando Inverties Occultum Lapident (« visite les parties intérieures de la Terre, par rectification tu trouveras la pierre cachée »)

On possédait maintenant la Pierre philosophale, rouge et parfaite, condensation active du Spiritus mundi, « commencement et fin de toutes choses » (Azoth)

 « Il faut souvent se rappeler, dit l’adepte moderne Fulcanelli, l’adage : Mens agitat molem (“L’esprit agite la masse”), car c’est la conviction profonde de cette vérité qui conduira le sage ouvrier au terme heureux de son labeur. C’est en elle, en cette foi robuste, qu’il puisera les vertus indispensables à la réalisation de ce grand mystère. » 

« La renaissance est triple, nous dit Eckhartshausen (ouvr. cit.) : premièrement, la renaissance de notre raison ; deuxièmement celle de notre cœur ou de notre volonté. Et enfin la renaissance de tout notre être. La première et la seconde sont appelées la renaissance spirituelle, et la troisième la renaissance corporelle. Beaucoup d’hommes pieux et qui cherchaient Dieu ont été régénérés dans l’esprit et la volonté ; mais peu ont connu la renaissance corporelle. »

3. Points importants

Les alchimistes utilisent l’anagramme, l’énigme, l’acrostiche : ainsi la Pierre philosophale sera désignée par le mot Azoth, formé par la lettre initiale commune à tous les alphabets (A), suivie de la dernière lettre des alphabets latin, grec et hébreu – ce qui signifie : la Pierre est principe et fin de tout corps

Le Grand Œuvre mystique, parallèle à la découverte de la Pierre philosophale, par lequel l’âme humaine atteint à la sérénité parfaite de l’initiation à travers les épreuves multiples, la Rose représentant à la fois la Grâce divine et la Pierre. Mêmes tendances chrétiennes ésotériques dans la Divine Comédie de Dante.

4. Comment je la pratique

Chaque être à son principe particulier d’organisation, ce que Paracelse nommera archée. Le monde est le domaine des actions et interactions mutuelles. Quant à l’homme, image de Dieu et résumé de toute la création, c’est véritablement le centre de l’univers… 

5. Comment j’ai pu l’intégrer dans ma philosophie de vie

La Pierre philosophale, ce serait l’homme transformé par la transmutation spirituelle

Pour faire pendant au Sel, on décrit volontiers un cinquième élément, l’Éther ou Quintessence, sorte de médiateur entre les corps et la force vivifiante dont ils sont pénétrés.

Conclusion :

L’alchimiste n’a pas à découvrir quelque chose de nouveau, mais à retrouver les secrets

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