Fiche de lecture « Les pratiques de l’approche narrative »

Les pratiques de l'approche narrative

Descriptif :

L’approche narrative est fondée sur l’idée que les récits que nous produisons en permanence sur notre vie peuvent soit nous enfermer, soit nous libérer, et qu’il existe toujours une multiplicité de points de vue pour rendre compte d’une situation.   A l’aide de techniques de conversations sophistiquées, elle aide la personne à formuler des récits qui lui permettront d’aller mieux ou de changer. Le livre explicite par de nombreux exemples comment se pratique cette approche et témoigne de sa diversité d’application

1. Ce que j’ai retenu

« concevoir une histoire, c’est le moyen dont nous disposons pour affronter les surprises, les hasards de la condition humaine, mais aussi pour remédier à la prise insuffisante que nous avons sir cette condition humaine. Grâce aux récits, nous construisons, reconstruisons, et même d’une certaine manière nous inventons le présent et l’avenir »

Michael White

La pratique narrative consiste à remplacer les conseils de l’expert donne à une personne par des questions influentes  et centrées sur ces capacités,  ses espoirs, ses valeurs, son intention, partant  du postulat que l’expert véritable d’une situation est la personne elle-même. Cette pratique se fonde que noté aptitude à fabriquer dès notre plus tendre enfance et en permanence des histoires pour donner un sens à tout ce qui nous arrive.  Les briques de ces histoires sont notre culture familiale, sociale,  notre éducation, nos expériences, nos croyances,  tout ce qui a été dit sur nous. Elles façonnent notre identité. Elles peuvent nous aider ou nous empêcher d’atteindre ce qui est important pour nous. Certaines histoires prennent tellement de place qu’elles deviennent des « vérités absolues » qui enferment à vie son propriétaire. Portant d’autres histoires sont toujours possibles

2. Les extraits de mes notes

C’est en se reconnectant avec un espace de coopération  que  le sujet peut passer d’une histoire de survie dans laquelle aucune répétition n’amène de différence, a une histoire de vie, où la multiplicité des points de vue permet d’enrichir la perception de soi et des autres. Apprendre au sujet à modifier sa perception pour voir l’intention collaborative derrière un comportement problématique, lui permet de se percevoir comme auteur de sa propre vie dans un contexte d’estime de soi

Les différents ressentis émotionnels, qu’il s’agisse de la peur, de la colère ou de la tristesse, ne sont pas à comprendre comme des émotions négatives  mais bien positives mêmes si elles s’avèrent désagréables. En effet, elles indiquent la direction dans laquelle le sujet doit chercher les ressources dont il a besoin afin de s’ajuster dans la relation avec  l’autre

Cette prise d’initiative fait sentir au sujet qu’il a de la valeur

Plus le sujet est en relation avec l’autre, plus il est en relation avec lui-même, c’est à dire qu’il a, à ce moment-là, la  capacité d’accueillir ses propres ressenti sensoriels à l’intérieur de la relation à l’autre

Intégrer la dimension corporelle et affective dans le questionnement rend le langage porteur de sens. Amener le sujet à décrire dans un premier temps son propre vécu corporel : tension musculaire, tachycardie, … et aider le sujet à nommer ce vécu va permettre de réintégrer le sens de la colère à partir de la compréhension des réactions corporelles comme ayant une intentionnalité coopérative

Trouver des souvenirs sur mesure liés à la singularité de chaque individu, pour qu’il accueille ses propres ressentis sensoriels est la voie à suivre pour prendre position sur ce qu’il vit

Le questionnement narratif peut être ainsi compris comme un questionnement de réassociation dans lequel le sujet peut ré-habiter son corps, accueillir ses ressentis sensoriels, et transformer ses mouvements automatiques en mouvements spontanés

L’idée est que nous sommes tous « multi-histoires », mais que la personne saturée par une histoire de problème se vit souvent comme n’étant plus que cela, comme un acteur qui n’a pas d’autre possibilité que de jouer la pièce écrite par quelqu’un d’autre.

Une personne envahie par une histoire de problème, c’est comme un propriétaire qui habiterait une grande maison, mais n’en occuperait qu’une XIème pièce. Le praticien narratif va l’inviter, avec ses questions, à aller visiter les autres pièces de sa maison. Il s’agit bien en effet d’habiter pleinement sa vie

Raconter, c’est chercher sans relâche à donner un sens à notre expérience

Chercher un sens à nos expériences, c’est ce que nous faisons, du matin au soir, chaque seconde de notre vie, de notre naissance à notre mort. Nous ne pouvons pas nous passer de sens, c’est sombrer dans la folie. Nous sommes d’inlassables fabricants de sens.

3. Points importants

Derrière ce procédé technique et de questionnement, existait une vision anthropologique et novatrice qui déconstruisait la psychopathologie classique. Le chemin était ouvert pour retrouver le sens innovant de la psychologie populaire, ou chaque être humain est considéré dans son humanité, dans ses intentions, dans sa vie relationnelle et sociale, et non pas réduit à un individu structuré par la psychopathologie

Grégory Bateson insiste sur la dimension relationnelle comme celle à partir de laquelle le sujet perçoit son monde et peut le transformer, Milton Erickson montre que la coopération ouvre la dimension corporelle, en favorisant le processus de réassociation, permettant d’accueillir les ressentis sensoriels.

4. Comment je la pratique

Questionnements visant à dissoudre les problèmes par la construction d’histoires alternatives

C’est en ne réduisant pas l’autre à son comportement, mais en comprenant celui-ci comme effet d’un discours dominant, que le questionnement narratif modifie la perception étroite maintenant les sujets dans un monde structuré par la haine  de soi

5. Comment j’ai pu l’intégrer dans ma philosophie de vie

Le principe central de cette approche consiste à dire qu’il n’y a pas une seule et véritable façon de penser les gens, les familles, le fonctionnement de la société.

Le regard que l’on porte sur un individu forge son identité

Convaincus par l’approche externalisante : « la personne n’est jamais le problème, la personne est en relation avec le problème », cette manière de « desetiqueter » les gens, « je ne suis pas anxieux, mais je suis en relation avec l’anxiété »

Conclusion :

« nos études ont démontré que la façon dont parlent les gens change leur façon de penser »

Lera Borodistky

« il y a des dizaines de bonnes réponses et seulement très peu qui sont erronées »

Tom Andersen

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