Fiche de lecture « La construction sociale de la réalité »

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Descriptif :

Qu’est-ce que le réel ? Comment le connaître ? Comment se produit, sans cesse, l’articulation entre les faits objectifs et les significations subjectives ? Par quels processus un ensemble de typifications devient-il une réalité socialement établie ? Comment finissons-nous par vivre, au milieu de sociétés plurielles, dans un monde commun ? Par quelles socialisations ?

Livre majeur du constructivisme, La Construction sociale de la réalité est devenu au fil des ans une source de compréhension des modalités de (re)construction de la réalité, spécifique aux sociologues. Son importance et son succès durable tiennent à la place unique qu’il occupe dans l’histoire de la théorie sociale. Un grand nombre de traditions intellectuelles y font confluence, sans que violence soit faite à aucune d’entre elles. C’est ce tour de force qui rend cet ouvrage toujours aussi novateur.

1. Ce que j’ai retenu

« la vie quotidienne se présente elle-même comme une réalité interprété par les hommes et possédant pour ces derniers un sens de manière subjective en tant que monde cohérent »

2. Les extraits de mes notes

L’objectivité de la vie sociale se résume aux frontières coercitives du langage

Le philosophe est professionnellement obligé de ne rien considérer comme évident, et d’obtenir la plus grande clarté possible en tant que position fondamentale, sur ce que l’homme de rue croit être la « réalité » et la « connaissance »

Les modèles introduits, quels qui soient, seront perpétuellement modifiés par les échanges extrêmement diversifiés et subtils de significations subjectifs. Par exemple, je peux voir l’autre comme quelqu’un de fondamentalement froid avec moi, et agir envers lui à l’intérieur d’un modèle « relations froides », telle que je les ai comprises.

Ainsi mes rencontres avec les autres dans la vie quotidienne sont la plupart du temps typique dans un double sens – j’appréhende l’autre comme un type et j’interagis avec lui dans une situation qui est elle-même typique

La réalité de la vie quotidienne apparait toujours comme une zone de lucidité derrière laquelle se trouve un fond d’obscurité

Ma connaissance de la vie quotidienne est structurée en termes de pertinences. Certaines d’entre elles sont déterminées par mes intérêts pragmatiques immédiats, d’autre part ma situation générale dans la société

Apprendre un rôle ne suffit pas pour acquérir les routines immédiatement nécessaires à son exécution « externe ». On doit aussi être initié aux différentes couches cognitives et même affectives du corps de connaissance qui est directement et indirectement approprié à ce rôle

La « prise en charge » est en elle-même, en un sens, un processus original pour tout organisme humain, et le monde, une fois « pris en charge », peut être modifié de façon créative ou même recréé, si cela est moins probable

 « L’individualisme » émerge comme un type social spécifique qui détient au moins la capacité de migrer entre un certain nombre de mondes disponibles et a délibérément et consciemment construit un soi en dehors du « matériel » fourni par un ensemble d’identités disponibles

Le monde socialement construit doit servir continuellement de médiation pour l’individu et être actualisé par lui, en sorte qu’il devienne et demeure son monde. La société donne à l’individu certains points d’appui décisifs pour son expérience et sa conduite quotidienne. Chose bien plus importante, l’individu est pourvu d’un ensemble spécifique de représentations et de critères utiles, définis à l’avance pour lui par la société et mis à sa disposition pour l’organisation de sa vie quotidienne

Si l’on est conscient de cette capacité et même cette nécessité qu’a l’homme de s’extérioriser dans la réalité et de produire pour lui-même un monde dans lequel il peut se sentir chez lui, alors on sera difficilement surpris par la grande importance que le domaine privé a prise dans la société moderne

Chaque partenaire apporte continuellement ses conceptions de la réalité, qui sont alors « discuté », habituellement plusieurs fois plutôt qu’une, et dans ce processus, elles sont objectivées par le procédé de la conversation

Le passé n’est à jamais accessible que sous la forme actualisé, c’est-à-dire reformulé par la médiation de la socialisation secondaire

3. Points importants

La conversation devient alors intéressante pour celui (celle) qui écoute non seulement parce qu’il aide celle (celui) qui est écouté, mais aussi pour lui (elle) même car il (elle) accède à des éléments du monde social qu’il (elle) ne maitrise pas et qu’il (elle) peut intégrer, librement, à sa propre construction. La socialisation secondaire devient circulaire. Il s’agit alors d’une solution prônant une socialisation non pas plus faible, mais différente où l’un est tout autant que l’autre transformé par l’échange. Cette socialisation en contribue plus seulement à stabiliser le monde de chacun, elle devient source créative

4. Comment je la pratique

Nous ne vivons pas seulement dans le même monde, nous participons chacun à l’existence de l’autre

A chaque rencontre, nous nous nourrissons mutuellement par l’échange et le langage

5. Comment j’ai pu l’intégrer dans ma philosophie de vie

Se manifestera lui-même comme un individu unique et donc atypique

Conclusion :

« en définitive, l’individualisme ainsi entendu, c’est la glorification, non du moi, mais de l’individu en général »

Durkheim

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